Lumikko

OGRE N°12 – Pasi Ilmari Jääskeläinen

Pasi Ilmari Jääskelaïnen

Lumikko

Traduit par Martin Carayol
mercredi 04 mai 2016
Taille : 140/185 mm – 416p. – 25€
ISBN : 979-10-93606-35-4

Au sein d’un petit village finlandais prospère une étrange société littéraire secrète composée de neuf écrivains réunis autour de la figure tutélaire de Laura Lumikko, auteur à succès d’une série de livres fantastiques pour la jeunesse. En pénétrant peu à peu dans l’intimité de cette société – grâce à un Jeu aux règles complexes permettant d’arracher la vérité aux membres de la société – Ella, une jeune professeure de finlandais aux ovaires déficients, découvre le sombre secret de leur inspiration. Pendant ce temps, Laura Lumikko disparaît, tandis qu'une étrange peste semble s’être abattue sur les livres de la bibliothèque : certains livres voient leur fin subtilement altérer…

Avec une écriture pleine d’ironie, Pasi Ilmari Jääskeläinen nous invite dans un univers trouble, progressivement étouffant, qui n’est pas sans rappeler celui déployé dans la série Twin Peaks de David Lynch, et réussit la gageure de créer une atmosphère à la fois drôle et inquiétante.

À la fois conte initiatique, hommage à la mythologie finnoise et thriller sombre et angoissant, ce roman polymorphe constitue avant tout une réflexion acérée sur la position de l'écrivain dans la société et sur la nature de l’inspiration.

PRESSE

 

Blogs

 

« Deux beautés chez l'Ogre », par Ashoma, Leblogduvisagevert.wordpress.com, 14 décembre 2016

 

Lumikko (lumineusement et agilement traduit) est inventif, truculent et traversé parfois de la tristesse qui pare les pays où le surnaturel se meurt.



« Fantastique littéraire et Anti-utopie contre l’hydre de l’Etat aux pays scandinaves : Pasi Ilmari Jääskeläinen : Lumikko, Jonas Karlsson : La Pièce, Johanna Sinisalo : Avec joie et docilité. », par Thierry Guihut, thierry-guihut-litteratures.com, 1er juillet 2016

 

Sous des dehors de flirt un peu facile avec le genre de la fantasy, entre chiens étranges et gnomes soupçonnés, le roman de Pasi Ilmari Jääskeläinen (né en 1966) scrute plus hautement les mystères de l’inspiration littéraire. Ce faisant, chronique réaliste, conte et métalittérature se mêlent en son Lumikko. La morale en est aussi claire que noire : pour exploiter ses dons littéraires, rien ne vaut le reportage permanent, cynique, y compris dans le supermarché, et surtout le vampirisme des consciences, que l’on soit un auteur de policier ou de science-fiction, comme le sont les membres de la « Société ». Reste qu’au sortir de l’épilogue, la question de savoir d’où viennent les idées n’est pas le moins du monde tranchée ; ce que l’on ne reprochera pas un instant au romancier, tant l’analyse, entre hasards de la génétique, de la biochimie, du contexte social et de l’éducation, sans compter les réseaux de l’analyse et de l’imaginaire, tend à l’impénétrable.

 

« Enquête d'auteur » par Aline Sirba, onlalu.com

Pasi Ilmari Jääskeläinen nous réjouit avec ce roman polymorphe qui joue avec les codes du thriller, du roman psychologique et d’apprentissage. Suspendu aux découvertes d’Ella, tour à tour meneuse et marionnette, on s’abandonne avec délectation à l’empire des livres, tandis que l’ironie déployée nous rend complice, à moins que nous n’en soyons victime…


« Note de lecture : Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläïnen », par Hugues Robert, Charybde 27 : Le Blog, 11 mai 2016

 

On ne raconte pas Lumikko, on s’y plonge et en profite, encore et encore. Car si le roman injecte bien, sous la peau, une réflexion ma foi plutôt profonde sur le rôle social de la littérature et sur la nature de l’inspiration en matière de fiction, il est aussi construit pour palpiter, effrayer, créer le doute, la fascination et le souffle court, et il s’y entend à merveille, jouant en maître des diverses distances d’écriture possibles, de la présence diffuse d’un fantastique trop évident pour qu’il ne soit pas foncièrement louche, et d’une atmosphère que l’on a du mal à ne pas craindre rongée par quelque chose.

(…) Lumikko joue de nos nerfs avec grâce en proposant à plusieurs reprises des éléments qui ne prennent pas du tout le même sens indiciel, selon le genre littéraire d’où l’on croit être en train de lire à cet instant précis. Horreur, thriller, investigation policière, fantastique traditionnel ou roman de mœurs, de psychologie, d’université : la palette est large et défie astucieusement nos analyses trop rapides, pour composer un récit passionnant de bout en bout – et même peut-être bouleversant, comme le dit Mathieu Lindon dans Libération –, riche en rebondissements parfois extrêmes qui semblent tester pour nous les limites de ce que l’écriture de fiction peut se permettre avec notre complicité. Un grand choc technique qui ne sacrifie à aucun moment le plaisir de la narration et le questionnement de l’imagination.

 

« Lumikko, Pasi Ilmari Jääskeläinen », par Georgette, Rocking chair with a view, 5 septembre 2016

 

Lumikko est inclassable et joue sur le décalage permanent : il associe à part égales une réalité banale avec un fantastique au bord du nonsense britannique. Bien que d'origine finlandaise, dans ce roman, le bizarre est reçu par les personnages avec un flegme qui évoque fortement Lewis Carroll. Toute la mécanique du récit semble reposer sur une enquête quasi-policière, qui prend son temps, lézarde en route, visite d'autres genres littéraires et ne répond pas tout à fait à la question centrale : qui/qu'est vraiment Laura Lumikko ?

 

« Une conspiration de farceurs » par Santiago ArtozquiEn attendant Nadeau, 28 août 2016


Lumikko, de Pasi Ilmari Jääskeläinen, écrivain finlandais lauréat de nombreux prix de littérature fantastique et de science-fiction, est un thriller étrange et décalé qui emprunte à l’univers du conte et sert surtout de prétexte à une réflexion pleine d’humour sur l’écriture et les écrivains.

Journaux

 

« Fantaisies finnoises« , dossier spécial « Finnish Weird », par Anne-François Hiver, Libération, 1er juillet 2016

 

La mythologie vit dans notre subconscient (Pasi Ilmari Jääskeläinen)

 

« Des écrivains d'enfer », par Elena Balzamo, Le Monde des Livres, 2 juin 2016

 

Dans une bourgade finlandaise ­ordinaire, l’existence de tous les ­habitants tourne autour de la… ­littérature ! Cela n’arrive pas souvent, et on aurait pu s’en réjouir, mais cet engouement n’a rien d’idyllique : la vie est régie par une société littéraire aux allures de secte ésotérique, où le pouvoir et le prestige sont finalement ce qui compte le plus. La disparition inexpliquée de la fondatrice, auteure de renom, perturbe le cours des choses, et les rapports entre les membres s’enveniment. L’héroïne du roman, ­elle-même écrivaine en herbe ­récemment admise dans ce cercle exclusif, décide de mener l’enquête. Elle découvre des phénomènes troublants : une sorte d’épidémie affecte le contenu des œuvres les plus célèbres du passé, et les textes mystérieusement altérés prolifèrent à la bibliothèque municipale. Entre la satire et le thriller, le Finlandais Pasi Ilmari Jääskeläinen, venu du fantastique, livre un roman un brin borgésien.

 

« La Société secrète de Jääskeläinen« , par Mathieu Lindon, Libération, 6 mai 2016

 

Un original roman policier ludique, Lumikko est aussi, un roman de science-fiction, un roman d’aventure et un roman pour enfants – ironique et passionnant dans tous ses avatars.

Radios

 

« Le Mag de l'été« , Charlène Busalli, 8 juillet 2016

 

« Charlène, que faut-il prendre dans sa valise cet été ?

– Lumikko ! »

 

« Lumikko« , par Nikola, « Paludes », Radio Campus Lille, 24 juin 2016

 

Une lecture fascinante, accaparante, fascinante, qui ne lâchera son lecteur qu'à la toute fin !

EXTRAIT

 

Ella Milana fut d’abord étonnée, puis franchement indignée, quand Raskolnikov se fit soudainement assassiner devant ses yeux, au beau milieu de la rue. La prostituée au grand cœur, Sonia, l’avait visé en plein cœur. Cela se passait au beau milieu d’une dissertation littéraire sur le classique de Dostoïevski.

Ella Amanda Milana avait vingt-six ans et, entre autres, des lèvres bien dessinées et des ovaires déficients.